Un dromadaire pour tous...

 METHODE D' EDUCATION DU JEUNE DROMADAIRE

L'éducation du dromadaire de selle commence très jeune, vers l'âge de deux ans on peut déjà habituer les animaux à recevoir un licol et a suivre une personne. Le travail à pied est très important, il permet d'instaurer des codes qui serviront plus tard. Il permet  d'établir une relation de confiance entre l'homme et l'animal. Par la répétition d'ordres simples on arrive ensuite avec le temps à demander des choses plus complexes.

Nos dromadaires sont encore jeunes, ils n'ont pas de parents  avec eux pour leur montrer l'exemple. C'est à nous humains de servir de référence tout en nous faisant respecter. Heureusement la nature fait bien les choses car dans la famille des grands mammifères on retrouve des  caractères communs comme la sociabilité avec une certaine hiérarchie.

Nous devons donc apprendre à nos animaux à nous respecter. Attention donc de ne pas  imprégner nos grosses peluches en les prenant pour des Bébés en essayant de se faire aimer par les caresses ou pire les gourmandises distribuées sans raison à toute occasion.

Nous éduquons nos animaux (quel qu'il soit) avec des méthodes éthologiques, issues de l'observation des animaux dans leur milieu naturel. Il faut donc être juste en récompensant au bon moment, mais surtout savoir sanctionner de suite les comportements qui ne sont pas tolérables. La nature est d'ailleurs souvent plus dure que nous et ne laisse pas de place aux plus faibles, alors que nous, nous essayons de tirer le meilleur de chaque animal. 

La relation avec le dromadaire est faite de respect mutuel au début, et de confiance par la suite. La base du travail consiste à se situer en tant que MENEUR. L'animal n'a pas le choix et doit se soumettre à cette règle de la nature, maintenant à nous de faire en sorte d'être de bons meneurs !

Un bon meneur doit savoir analyser les situations et les comportements de son "élève". Rester calme, ne pas trop parler, récompenser de suite une bonne action et se mettre en colère ou sanctionner un mauvais comportement. Ensuite il faut appliquer quotidiennenent une rigueur implacable, pour que l'animal comprenne et assimile.

Voilà pour les BASES. Le pain et les caresses pendant le travail après plus rien, on rend la liberté et chacun chez soi.

Les sorties en extérieur peuvent être éprouvantes surtout en milieu urbain, mais en pleine nature elles ont au contraire un effet relaxant. Elles permettent aussi aux animaux d'acquérir de l'endurance en se musclant sur les divers terrains variés rencontrés.


Le calme du rond de longe permet d'aborder sereinement de nouveaux points de dressage, on pratique des déplacements latéraux, des marches avant et arrière, etc... Les dromadaires apprennent à évoluer autour de nous sans nous craindre et sans nous bousculer. Petit à petit on réalise les gestes qui seront demandés plus tard pour le travail et on encourage les animaux à bien se comporter.


Les dromadaires sont capables d'éprouver des émotions, comme la joie, la colère, la jalousie et la peur. Ils sont aussi doués pour se faire des "copains" chez les autre espèces... dromadaire/poule, dromadaire/chat et chien...dromadaire/chèvre.


Lors de nos sorties nous rencontrons souvent des cavaliers, il faut faire très attention dans ce cas là et prévenir le cavalier que son cheval peut avoir une réaction de panique violente. Les chevaux se montrent très craintifs avec les autres animaux (moutons, chèvres, dromadaires). Sachons éviter les ennuis en nous signalant. Les dromadaires a leur vue sont plutôt impressionné par le couple homme/cheval.

Promenades dans le quartier des Garrigues à Balaruc le Vieux (Hérault 34)


ETAPE 1 : apprendre aux dromadaires à se coucher à la demande. Le fait de baraquer est naturel chez tous les ruminants (vaches, chèvres, lamas...). Nous allons donc profiter de certaines heures de la journée ou ils sont plus disposés à se coucher pour leur inculquer le mouvement. Ensuite il faudra leur demander en extérieur. Ce mouvement créer des liens entre l'animal et l'homme, car en se couchant l'animal se met dans une situation qui le rend vulnérable.


On profite aussi de certaines postures pour observer tranquillement les pieds de nos compagnons. 




ETAPE 2 : apprendre à monter dans un van. Pas évident de faire rentrer nos deux compagnons dans la "boîte à roulettes", heureusement les vans modernes possèdent de multiples ouvertures qui font que les animaux ne se sentent pas trop pris au piège. Ambiance fun assurée. Pour rendre "la boîte à roulette" agréable on distribue sans modération orge, pain, caresses et paroles.

En route pour une nouvelle aventure...

ETAPE 3 : apprendre la latéralisation Touareg et Tyrki sont destinés à être monté ou attelé. Leur éducation pour atteindre ce niveau de dressage est assez longue, car le problème avec les dromadaires est d'obtenir une bonne direction. En Orient les dromadaires de selle sont contrôlés grâce à un anneau fixé dans une narine. La méthode n'est pas du tout "barbare" quand on sait avoir la main légère et le dressage en amont s'obtient aussi avec le licol.

Depuis 3 mois les dromadaires sont maintenant assez en confiance pour nous laisser passer derrière eux sans souci de se prendre un coup de pied, le frottement de la longe ainsi que de la chambrière est aussi rentré dans leurs habitudes, c'est donc sans crainte que nous pouvons tenter les longues rênes, d'abord à 2 personnes, puis tout seul. L'exercice des longues rênes s'obtient plus vite avec les mâles qu'avec les femelles qui garde plus longtemps le réflexe de jeter des coups de pieds.



ETAPE 4 : apprendre à marcher en file indienne ou autrement dit se familiariser avec la caravane. Les dromadaires ont une tendance naturelle à se suivre, cette attitude a faciliter leur dressage par les hommes i y à de cela 5000 ans. Attachés les uns aux autres ils marchent en suivant le dromadaire de tête. Pas évident de tenir un rythme sans s'arrêter pour attraper une herbe, sans trop s'écarter de son compagnon, et sans ralentir. Et quand on stoppe la marche, difficile de tenir son rang derrière. Pour cela les dromadaires ont besoin d'acquérir une certaine autonomie, comprendre des ordres simples : comme Oussss, pour stopper, droite et gauche pour tourner et A ta place pour rester calmement ranger.


Les kilomètres s'enchainent pour inculquer des automatismes, en toutes circonstances le calme et l'ordre doivent régner. Chaque sortie à son programme : avec une partie de détente, une partie de travail spécifique intense, une partie de trot, et le retour au calme.


Tyrki aux longues rênes avec Coralie, suivi de Touareg en caravane. Bonjour l'animation !

Ces sorties habituent les dromadaires à rester bien à l'écoute dans le plus grand calme possible même si parfois tout part en vrac. Le harnachement est pour le moment très simple - un tapis épais, un surfaix, un licol et une grande longe qui vient passer dans les anneaux du surfaix. Les aides sont la voix et un stick de dressage. Ainsi menés les animaux doivent rester attentifs et sous les ordres, cela demande un effort de concentration qui les fatigue vite au début.


Surfaix et selle de bât, du matériel tout simple pour l'apprentissage.


ETAPE  5 : apprendre à rester calme lorsqu'une personne s'installe sur la croupe. Les animaux ont progressés dans leur "tête" et ne nous perçoivent plus comme des prédateurs. Nous pouvons donc les faire baraquer et nous assoir sur eux, même en serrant les jambes, cela ne leur fait plus peur, ils nous acceptent ! Un plus pour les futures animations avec les enfants qui recherchent des sensations nouvelles.
On prend le temps de pauser pour la photo !


ETAPE 6 : apprendre à travailler dans un espace clos Cet été point de vacances pour Touareg et Tyrki, bien au contraire on profite du beau temps pour faire découvrir le maximum de choses aux animaux. Un charmant couple du quartier met à notre disposition un magnifique rond de longe dans lequel les dromadaires vont apprendre à évoluer.



Coralie réalise un "Joint Up" avec Tyrki. Après une séance d'exercices préalables de mise en confiance et de flexions du cou, l'animal doit suivre son maître dans toutes les directions sans qu'il soit tiré par la longe. C'est un très bon travail basé sur la confiance, la relation, et l'attention. On dit qu'il y a "connexion" entre l'élève et son éducateur.


ETAPE 7 : rester baraquer pendant que les enfants passent l'étrille puis la brosse.  Se laisser bichonner tranquillement par  les enfants parfois impressionnés, un peu moqueur ou complètement absorbé par leur tache. En général tout le monde aime ce moment de contact intense pendant lequel chacun fait connaissance avec l'autre. Parfois une vraie relation ce lie et c'est un peu magique quand l'enfant oublie qu'il va monter sur l'animal et passe plus de temps à caresser la laine si douce, les petits doigts glissent sur le long cou, les mains palpent la bosse et touchent les callosités. Les dromas apprécient ces moments de gratouilles. Le contact avec les animaux couchés par terre va créer chez l'enfant une émotion en réaction aux mouvements de l'animal, un dialogue spontané s'installe ce qui permet d'établir une communication plus affectueuse et plus respectueuse.



ETAPE 8 
: peut être la plus longue a acquérir, rester ZEN en toutes circonstances au milieu de la foule, avec du bruit, le vent , des choses qui volent en l'air et par terre. Dès qu'on les change de leur cadre habituel, les animaux peuvent être stressés de manière permanente ou avoir des moments de peurs passagères. Le tout étant de rester très calme même quand l'animal n'est pas bien, nous devons servir de référence sans faille. On peut habituer les dromadaires à certaines choses, mais il faut que les animaux apprennent à gérer leur  propre peur en nous donnant leur confiance absolue. Ce  n'est pas toujours évident quand on est un très jeune dromadaire qui découvre le monde.



Fête médiévale à BALARUC LE VIEUX. 17 juillet 2011. Les dromadaires se sont placés naturellement dans cette position afin de surveiller leurs arrières et de protéger chacun leur secteur. Il y encore du travail a effectue



ETAPE 9 : apprendre à marcher avec une personne sur le dos, rester calme pendant la promenade sur les sentiers et les petits chemins du quartier des Garrigues à Balaruc le Vieux.



Chemin des Devèzes Juillet 2011.  Tyrki à vide, Touareg en charge avec Coralie.



ETAPE 10 : en route vers l'autonomie. A quatre ans on est encore un peu "vert" mais faut bien un début à tout, alors on profite du calme relatif offert par le massif de la Gardiole pour s'adonner au joie de la monte  sans "filet".  Les dromadaires prennent le temps de grandir, parfois jusqu'à l'âge de 6 ans, aussi tant que la croissance n'est pas définitive, il faut faire attention de ne pas trop charger nos montures. Touareg et Tyrki, font partie des petites races de dromadaires, ils ont des pieds relativement petits et durs pour permettre de longues marches sur les sentiers en garrigue. Mais pas question de les faire passer n'importe où, car nos amis ne sont pas ferrés !


Coralie et Tyrki en promenade sur les sentiers du massif de la gardiole à Balaruc le Vieux.

Randonnée sur le massif de la Gardiole en compagnie de Touareg et Tyrki. 31 décembre 2012

Françoise découvre les joies de l'autonomie avec sa monture débonnaire !          Avril 2013